Kandy, Haputale, Dambatenne

Le trajet de Dambulla à Kandy n’est pas si long (2h30-3h maximum) mais le bus qui nous y a menés était plein à notre arrivée et nous avons parcouru les premiers kilomètres debout.

La conduite du chauffeur m’a donné ma première petite frayeur du voyage : un bus qui essaie de doubler un camion qui accélère prenant qu’on le dépasse alors que des véhicules arrivent en face. Tout ça, tandis qu’on a pour seul point d’équilibre une barre au plafond à laquelle on se tient des deux mains. Klaxon incessant et coup de frein soudain pour revenir derrière le camion qui ne voulait pas se laisser dépasser ; finalement tout s’est bien passé même si c’était dans la brusquerie. Je suis sûre que même le chauffeur a serré les fesses !

Kandy lake

Kandy

Malgré sa situation géographique, dans la vallée entourée de montages verdoyantes, Kandy est une ville assez grande et l’air y est très pollué. Elle est établie tout autour d’un lac et, alors qu’en France nous sommes habitués aux bases nautiques un peu en recul, au milieu des terrains verts, les axes principaux de Kandy ont été construits véritablement aux abords du lac. Lorsqu’on se déplace, la vue est charmante mais le bruit incessant dû au trafic, les sempiternels bouchons et l’air difficilement respirable (sans exagérer ! Et notez que je vis à Paris) font qu’on perd toute conscience de cette verdure qui nous entoure. Nous n’avions qu’une seule visite de prévue et comme le voyage « routard » nous donne une certaine flexibilité part rapport à la feuille de route de départ, nous décidons finalement qu’une seule nuit (au lieu de deux) suffira amplement. Car non, l’endroit ne nous séduit pas : des français que nous avons croisés à Sigiriya (et qui faisaient leur voyage dans le sens inverse du nôtre) nous avaient avertis mais le contraste avec la région « sauvage » de Sigiriya est déroutant.

Grâce à son lac, la ville possède tout le même des angles de vue superbes. Son emplacement assez reculé dans le pays n’empêche pas Kandy d’être très fréquentée, tant par les touristes que les sri-lankais. Et pour cause, c’est un lieu inévitable de pèlerinage pour tout bouddhiste qui espère améliorer un peu son karma. Cette popularité s’explique par le fait que la ville conserverait une dent de Bouddha. Il existe, autour de cette relique, toute une Histoire que l’on peut découvrir en visitant le temple qui la conserve. Ne vous attendez pas à observer la dent derrière un carreau. Tant de gens ont essayé de voler ou de détruire cette relique qu’elle a été enfermée dans un coffre sécurisé, dans une antichambre, elle-même dans une autre antichambre. Cette dernière est pourvue d’une petite vitre qui n’est découverte que quelques minutes par jour à une heure spécifique de prière.

Astuce : renseignez-vous sur les horaires en question pour tenter (au milieu de la foule), le reste du temps on ne voit rien qu’une antichambre fermée, abondamment décorée de peintures, drapeaux, dorures, fleurs, ivoires et sculptures..

La nuit à peine tombée, le ciel de Kandy offre un étonnant spectacle : des centaines et des centaines de chauve-souris se réveillent et survolent la ville en nuées, en direction de l’est pour aller chasser. Le phénomène dure plusieurs minutes et elles volent parfois très bas, assez pour que nous nous rendions compte de leur taille imposante, malgré leurs passages furtifs.

Avant de partir nous coucher, nous organisons notre départ pour Haputale le lendemain matin : au départ, nous avions envisagé de faire ce trajet-là en train, mais les billets n’étaient plus disponibles puisque toutes les voitures, de la 4ème classe jusqu’au wagon panoramique sont complètes dès 2 semaines avant la date de départ.

Astuce : si vous souhaitez prendre un train dans les montagnes, réservez vos billets 2 semaines à l’avance.

La perspective des heures de trajet sur une route très sinueuse (puisqu’elle mène aux montagnes) nous pousse à réserver un chauffeur, recommandé par le responsable de l’hotel où nous dormions.

Haputale

Effectivement, la route vers Haputale s’avère longue, moins par sa véritable durée que par la fréquence de ses virages. C’est avec grand plaisir que nous accueillons les propositions du chauffeur de s’arrêter à tel ou tel endroit pour prendre quelques photos et admirer le paysage. Une vallée verdoyante, les premières plantations de thé, nous irons même crapahuter sur les rochers d’une large cascade sur le bord de la route. Une petite pause dégustation s’impose : les plantations Macwoods Bookellie possèdent leurs propres usine, boutique et salon de thé. Nous nous installons en terrasse où le thé noir nous est servi dans un joli service en porcelaine, accompagné d’une part de gâteau au chocolat moelleux (le paradis, quoi). Puis, nous nous remettons en route vers Haputale où nous optons pour un hotel dont les chambres ont des balcons qui donnent directement sur la vallée des plantations. Au coucher du soleil, le ciel se décompose en dégradés de l’orange au violet, les plantations deviennent vite sombres. Le tableau est saisissant.

Horton Plains

Astuce : pour aller découvrir le parc national de Horton Plains, il faut partir avant le lever du soleil : la brume s’installe très vite dans les plaines et peut gâcher le paysage.

Nous nous levons donc dès potron-minet (4h30), dans le sac , des sandwiches en guise de petit-déjeuner et un nouveau chauffeur que nous avons trouvé la veille au soir nous conduit en trois quart d’heure à Horton Plains. Nous profitons du spectacle du lever de soleil dans les montagnes sur le trajet, derrière la vitre. Une fois dans le parc, le chauffeur se gare, s’installe pour une sieste alors que nous continuons à pieds. Pour des raisons de préservation des lieux, des gardes vérifient nos sacs : tout sac plastique, emballage plastifié ou polluant est interdit. On nous fournit des sacs et emballages biodégradables en échange. La brume est déjà tombée, je suis bien contente d’avoir investi dans ce que Decathlon a nommé une veste « rain-cut » (un genre de k-way quoi) et d’avoir mis un t-shirt à manches longues : il est très tôt et dans les montagnes les températures sont bien plus fraîches que celles qu’on a connues jusque-là. Et c’est à partir de là que le trek commence. C’est une boucle de 9km qui passe par plusieurs points d’intérêt comme une cascade ou des falaises. Des montées, des descentes, de la terre, des sentiers rocheux et beaucoup de végétation. La ville de Kandy est déjà loin sur notre trajet mais aussi dans nos esprits ! Après les Baker’s Falls (cascades) nous poursuivons notre balade et plusieurs kilomètres plus tard, la brume commence à se lever ; le soleil se montre alors que nous arrivons sur cette falaise de 890 mètres de haut appelée le World’s End. Cette hauteur vertigineuse donne véritablement l’impression qu’on se trouve au bout du monde. Il n’y a ni barrière, ni protection : il incombe à chacun de veiller à ne pas s’approcher trop près du bord. Arrêt suivant sur le sentier : le mini World’s End et enfin le retour au parking où un sambar (cerf) Sri Lankais curieux, s’approche volontiers des touristes qui lui donnent des petites bananes.

De retour à l’hotel, nous préférons économiser nos forces pour les visites du lendemain. Haputale est une mini-agglomération dans la montagne. Quelques lignes de bus y passent mais pas si fréquemment que ça. Le supermarché fait la taille d’une supérette et il y a beaucoup de « bakeries », mais pas vraiment de restaurant. Pour le repas du soir, nous optons pour des snacks locaux pris dans la bakery du coin : des rotti nature, des rotti fourrés aux légumes, des samossas et des rolls aux légumes, épices et oeufs. Honnêtement, nous choisissons un peu au hasard parce que tous ont l’air de contenir relativement les mêmes ingrédients. En fin de compte, c’était plutôt bon : un peu gras, certains beaucoup plus épicés que les autres, le tout accompagné d’un coca (ou d’une bière) et ça a fait office de dîner rapide pendant nos parties de cartes sur le balcon.

Dambatenne

Journée suivante, nous négocions un tuk-tuk pour quatre jusqu’à Dambatenne. Sachant qu’il n’y avait que deux places, les vingt minutes de trajet ont été folklo : serrés à trois à l’arrière, nous nous amusions de voir le quatrième passager partager la moitié de l’assise du conducteur. Pour vos donner une idée, c’est comme s’asseoir à deux sur un tabouret.
Un policier nous a même arrêtés sur le bord de la route. Quelques échanges avec le conducteur qui s’efforçait de garder le sourire, puis il nous a laissés repartir.

Tea Factory

À Dambatenne, nous attendons dans le hall d’entrée de l’usine à thé (anciennement Lipton). Les émanations denses de thé frais broyé ont envahi le lieu et l’endroit est assez bruyant à cause du fonctionnement des machines. J’espérais beaucoup de cette visite mais je dois avouer nous avons tous été déçus. Le guide qui nous a accompagnés débitait ses explications à toute vitesse, dans un anglais approximatif, au milieu du vrombissement assourdissant des broyeuses, sécheuses et tamiseuses. La visite mène entre les mètres carrés de thé broyé qui est tassé à même le sol pendant les 6 heures de fermentation. La visite n’a pas excédé 15 minutes alors que nous avions attendu 1h pour entrer, voilà qui explique en partie notre sentiment de frustration.

Lipton Seat

En sortant, nous lisons sur le Lonely Planet qu’on peut accéder au Lipton Seat, en haut de la côte à 5km de là. C’est reparti pour de la marche parfois sur la route, parfois à travers les plantations de thé par des sentiers. Les escaliers de fortune au milieu des plantations sont réalisés avec des gros rocs superposés. Ces sentiers sont ceux qu’utilisent tous les jours les cueilleuses pour rapporter leur récolte plus bas, dans le village. La montée est sportive mais qu’il est agréable de se promener dans les plantations ! Le lundi, il y a très peu de cueilleuses au travail mais nous en avons tout de même croisé plusieurs, ainsi que des écoliers très avenants. À peine arrivés en haut de la côte, près du Lipton Seat, il se met à pleuvoir à grosses gouttes. Nous nous pressons pour nous abriter dans l’arrière-boutique d’une petite cabane qui vend des snacks. Son propriétaire nous a volontiers ouvert la porte et a disposé quelques chaises dans ce petit espace. Pour quelques dizaines de roupies, il nous a servi des chaussons fourrés aux légumes et épicés fraichement préparés, des biscuits à la noix de coco et du thé chaud. Quelques minutes de réconfort le temps que l’averse s’arrête. La brume qui s’était installée en même temps que la pluie commence à se lever sur le flan par lequel on est arrivés. Nous n’aurons pas vu à quoi ressemblait l’autre coté de ce col, tellement le broutard est resté dense.
Nous nous remettons en marche, le retour se fait par le même chemin. Dans la descente, nous croisons un petit groupe d’enfants qui nous demandent des « School pens ». Les deux paquets de stylos étaient restés dans notre chambre d’hôtel… Quel oubli idiot ! Nous leur avons donné ce que nous avions : un stylo, un fond de paquet de bonbons et heureusement nos amis avaient emporté des porte-clé en forme de Tour Eiffel colorés qui ont bien plu aux enfants.

Astuce : emportez avec vous quelques stylos bille, ils feront le bonheur des enfants des villages un peu reculés comme Dambatenne.

Ensuite nous reprenons notre chemin. Quelque part à mi-chemin, un van qui descendait sur la même route, klaxonne, s’arrête à quelques mètres devant nous tandis qu’un enfant sort sa tête par la fenêtre, se fend d’un large sourire et nous lance  » Come! Come! ». Ces inconnus, pleins de bonne humeur, nous ont reconduits jusqu’à l’arrêt de bus du village sans rien nous demander en retour.

Kandy Temple of the Tooth, flowers
Kandy Temple of the Tooth
On the road to Haputale, view
Macwoods Bookellie plantations
Macwoods Bookelli tea time
Haputale valley view
Horton plains, srilankan family hiking
Horton plains, World's End sign
Horton plains, World's End view
Dambatenne, tea factory
Dambatenne, tea harvest
Dambatenne, Lipton Seat
Dambatenne, end of harvest day
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